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ANASTASIA

De Luca

​ÂGE :

23 ans

NÉ(E) LE :

15/07/03

À :

Lecce, Italie

PROFESSION :

étudiante en Histoire & assistante en conservation

VIT À :

Brooklyn

ORIENTATION SEXUELLE :

Bisexuelle

SITUATION :

célibataire

Enfance

Anastasia est née dans le sud de l’Italie, dans une ville où le temps semblait s’étirer entre les façades usées et les habitudes bien ancrées. Elle n’a que peu de souvenirs de sa mère, disparue alors qu’elle était encore enfant. Son père, lui, a toujours été là. Présent, attentif, profondément aimant — une constance rare, presque rassurante dans un monde qui ne l’était pas toujours.


Entre eux, le lien s’est construit sans heurts, sans cris, sans fractures. Une proximité évidente, presque silencieuse, faite de gestes simples et de regards qui en disent long. Il était artisan, travaillant de ses mains avec une patience qu’Anastasia a héritée sans même s’en rendre compte. C’est auprès de lui qu’elle a appris la minutie, le respect des choses fragiles, et cette manière discrète de prendre soin sans jamais brusquer.

Histoire

À dix-huit ans, elle quitte l’Italie après avoir obtenu une bourse pour étudier l’Histoire à New York. Une opportunité qu’elle n’aurait sans doute pas saisie sans lui — et qu’il n’aurait jamais acceptée de la laisser vivre seule. Alors il a tout quitté pour la suivre, sans hésiter, comme une évidence.


La suite ne s’est pas déroulée comme prévu.


Quelques mois après leur installation, les premiers symptômes apparaissent. Discrets, puis persistants. Le diagnostic tombe : une sclérose en plaques. Une maladie imprévisible, évolutive, qui redessine lentement mais sûrement les contours de leur quotidien. Les traitements, les rendez-vous médicaux, l’incertitude... et surtout, le coût. À New York, se soigner a un prix qu’ils n’avaient jamais anticipé.


Anastasia reste.


Elle termine une partie de ses études, entame un master qu’elle peine à mener au bout, partagée entre les exigences académiques et la nécessité de travailler. Aujourd’hui, elle évolue au sein du Metropolitan Museum of Art, où elle occupe un poste d’assistante en conservation. Loin des regards, souvent en retrait, elle manipule des œuvres anciennes avec une délicatesse presque instinctive, comme si chaque fissure, chaque trace du temps devait être préservée plutôt qu’effacée. Il lui arrive aussi de guider quelques visiteurs, sa voix calme et posée contrastant avec la fatigue qu’elle ne laisse jamais transparaître.


Anastasia est douce — c’est ce que l’on remarque d’abord. Douce dans sa manière de parler, d’écouter, d’être présente sans jamais s’imposer. Mais derrière cette apparente légèreté se cache une lucidité tranquille, une capacité à voir les gens tels qu’ils sont, sans illusion. Elle n’est ni naïve, ni passive. Elle choisit simplement ses silences.


Elle aime encore, malgré tout. Peut-être différemment. Avec plus de retenue, plus de conscience aussi. Elle sait ce que cela coûte de rester, ce que cela implique de s’attacher et pourtant, elle n’a jamais vraiment appris à faire autrement.


À New York, Anastasia s’est construite une vie qui ne lui laisse que peu de place pour elle-même. Entre les études inachevées, le travail, et ce père qu’elle refuse de laisser tomber, elle avance avec une constance presque invisible.


Comme ces œuvres qu’elle restaure sans jamais les transformer, elle tient. Elle s’adapte. Elle préserve.


Et si elle semble parfois appartenir à un autre temps, c’est peut-être parce qu’elle n’a jamais vraiment appris à lâcher le passé.

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